Investigations

GÉNÉRALITÉS

L'Inspection Générale, direction indépendante des fonctions opérationnelles et remplissant la fonction d'audit interne, est chargée de conduire les investigations au sein du Groupe Coris.

Elle dispose des moyens et des prérogatives nécessaires pour mener ses investigations avec diligence et discrétion, y compris l'accès sans restriction aux personnes, aux locaux, aux documents et aux systèmes d'information.

MANDAT, POUVOIRS ET RESPONSABILITÉS DE LA FONCTION D'AUDIT INTERNE

Extrait de la Charte d'Audit Interne de Coris Holding — Le texte ci-après reproduit le point 7 de la Charte d'Audit Interne de Coris Holding, dans sa version n°02 approuvée par le Conseil d'Administration le 10 avril 2026, après examen du Comité d'Audit du 2 avril 2026. La Charte est établie conformément aux Normes internationales de l'Audit Interne (Global Internal Audit Standards) et aux circulaires de la Commission Bancaire de l'UMOA relatives à la gouvernance et au contrôle interne. Elle s'applique à l'ensemble des fonctions d'audit interne du Groupe Coris.

1. Mandat de la fonction d'Audit Interne

Le mandat de la fonction d'Audit Interne est formellement conféré par le Conseil d'Administration, sur proposition du Comité d'Audit. Il est matérialisé par la Charte d'Audit Interne.

Dans le cadre de ce mandat, la fonction d'Audit Interne est habilitée à exercer ses missions de manière indépendante et objective, dans l'intérêt exclusif de Coris Holding, de ses actionnaires et de ses parties prenantes.

2. Pouvoirs de la fonction d'Audit Interne

Afin de mener à bien ses missions, l'Inspection Générale dispose des pouvoirs nécessaires et appropriés, notamment :

  • un droit d'accès libre, permanent et sans restriction à l'ensemble des informations, documents, données, systèmes d'information, locaux, biens et personnes nécessaires à l'accomplissement de ses travaux, quel qu'en soit le support ou le niveau de confidentialité ;
  • la faculté de solliciter toute information, explication ou assistance utile auprès des collaborateurs de Coris Holding et, le cas échéant, de prestataires externes, dans le respect des règles applicables ;
  • la possibilité de recourir à des compétences externes spécialisées, lorsque la nature ou la technicité des missions le justifie, dans les conditions définies par les organes de gouvernance.

3. Responsabilités de la fonction d'Audit Interne

Dans le cadre de son mandat, l'Inspection Générale est notamment responsable de :

  • évaluer l'efficacité et l'adéquation des dispositifs de gouvernance, en appréciant la clarté des responsabilités, la qualité des processus décisionnels et les mécanismes de supervision mis en place ;
  • apprécier l'efficacité du dispositif de gestion des risques, en examinant l'identification, l'évaluation, le suivi et la maîtrise des risques auxquels Coris Holding est exposée ;
  • évaluer l'efficacité du système de contrôle interne, en vérifiant la conception et le fonctionnement des contrôles destinés à assurer la sécurité des opérations, la fiabilité de l'information et la protection des actifs ;
  • formuler des constats, conclusions et recommandations indépendants, basés sur des analyses objectives et documentées ;
  • rendre compte des résultats de ses travaux et du suivi des recommandations aux organes de gouvernance.

L'Inspection Générale ne se substitue pas aux responsabilités des fonctions opérationnelles ni à celles des fonctions de contrôle de deuxième ligne.

NB : la fonction audit interne est en charge des missions d'investigation.

NOTE MÉTHODOLOGIQUE DE RÉALISATION
D'UNE MISSION D'INVESTIGATION

Les investigations conduites à la suite d'une fraude, d'une allégation de corruption ou d'un incident appelant des vérifications sont réalisées par les ressources de l'audit interne, sur mandat spécifique, dans les conditions fixées par la charte d'audit interne du Groupe. La présente note en décrit les étapes.

Les faits survenant au niveau de Coris Holding SA relèvent directement de l'Inspection Générale du Groupe. Ceux survenant au sein d'une filiale sont instruits par la structure d'audit interne de celle-ci, qui informe l'Inspection Générale du Groupe dès prise de connaissance des faits, quelle que soit l'issue envisagée. L'Inspection Générale du Groupe se saisit du dossier, ou en assure la supervision, dans les cas suivants :

  • faits mettant en cause un membre du comité de direction de la filiale, son responsable d'audit interne ou son responsable de la conformité ;
  • faits impliquant plusieurs entités du Groupe ou un tiers en relation d'affaires avec plusieurs d'entre elles ;
  • technicité, sensibilité ou risque réputationnel justifiant une intervention extérieure à la filiale ;
  • demande du Conseil d'Administration ou du Comité d'Audit de la filiale ou de la Holding.

Dans ces situations, la structure d'audit interne de la filiale apporte son concours aux travaux sans en assurer la conduite. En dehors de ces cas, l'Inspection Générale du Groupe conserve la faculté de se saisir de tout dossier dont elle estime que le traitement local ne présente pas les garanties suffisantes d'indépendance ou de moyens. Elle est destinataire des rapports d'investigation établis par les filiales et en rend compte, de manière consolidée, au Comité d'Audit de la Holding.

Les 15 étapes de la mission d'investigation

Étape 1 : Enregistrement du signalement

Enregistrer le signalement le jour de sa réception dans le fichier tenu par l'Inspection Générale, quel que soit le canal de réception (dispositif d'alerte interne, saisine de la Direction Générale ou du Comité d'Audit, régulateur, commissaire aux comptes, détection en cours de mission d'audit, etc). Le signalement anonyme est également recevable dès lors qu'il comporte des éléments vérifiables.

Étape 2 : Évaluation préliminaire

Procéder à une évaluation préliminaire du signalement avec l'aide, au besoin, de la fonction contrôle permanent, en appréciant la vraisemblance des faits, leur gravité, la disponibilité d'éléments vérifiables et le risque de dépérissement (détruite, altérée, effacée, difficile à exploiter) des preuves. Cette évaluation peut donner lieu à des vérifications sommaires, menées sans que l'entité concernée en soit informée. Elle débouche sur l'une des trois décisions ci-dessous :

Décision Suite donnée
Ouverture d'une investigation Passage à l'étape 3
Réorientation Renvoi vers le dispositif compétent (réclamations ordinaires de la clientèle, ligne hiérarchique)
Classement Classement motivé par écrit, aucun signalement n'étant écarté sans trace

Étape 3 : Ouverture de la mission

Ouvrir la mission par une lettre de mission distincte, signée du Directeur Général de Coris Holding, précisant l'objet et le périmètre des travaux, la composition de l'équipe et le délai indicatif de restitution. L'effectif alloué à l'équipe d'investigation est fonction du niveau de complexité de l'affaire et de l'expérience des collaborateurs désignés, conformément au code d'éthique et de déontologie. Cette équipe constituée est sous la supervision de l'Inspecteur Général.

Étape 4 : Dossier du personnel

Obtenir et analyser le dossier du personnel auprès des Ressources Humaines et l'historique des congés de l'agent mis en cause.

Étape 5 : Identification de la cible

Identifier la cible de l'agent mis en cause, le cas échéant. Toute opération bancaire ou non et toute information sont des cibles potentielles (les encaisses, les mots de passe et les codes confidentiels, les comptes de la clientèle, les postes comptables internes, …).

Étape 6 : Analyse de l'accessibilité

Analyser l'accessibilité à la cible. L'insuffisance ou l'inexistence des contrôles permanents de 1er et 2ème niveau, la confusion et la non-séparation des tâches au sein de l'entité ou du processus sont des situations propices pouvant orienter l'investigateur dans sa démarche.

Étape 7 : Recensement des opérations manipulées

Recenser et identifier les opérations manipulées (opérations de crédit, opérations effectuées par les agents pour leurs comptes personnels et non enregistrées, opérations comptables non autorisées, etc.) et les comptes utilisés par le biais du mariage des écritures comptables (cadrage).

Étape 8 : Collecte des éléments de preuve

Collecter les éléments de preuve et en assurer la traçabilité. Chaque pièce recueillie doit être référencée.

Sur un échantillon volumineux, privilégier l'analyse de données par des techniques appropriées telles que : rapprochements entre bases, détection de doublons, ruptures de séquence, opérations passées hors horaires d'ouverture, écritures d'annulation suivies de ressaisies, cumul d'opérations sous les seuils de délégation, etc.

De même, la vérification des signatures, du visa du responsable hiérarchique et l'analyse de la graphologie sont prises en compte dans la démarche.

Étape 9 : Conduite des entretiens

Conduire les entretiens une fois les éléments documentaires réunis, en commençant par les témoins, la personne mise en cause étant entendue en dernier. Un compte rendu est rédigé et signé par la personne entendue, qui peut y porter ses observations ; son refus de signer est mentionné. Aucune promesse ni pression ne peut être avancée pour obtenir une déclaration, et aucune conclusion défavorable n'est tirée du seul refus de s'exprimer.

Étape 10 : Mise en œuvre du contradictoire

Mettre en œuvre le contradictoire en informant par écrit la personne mise en cause des faits qui lui sont reprochés, dans des termes suffisamment précis pour lui permettre d'y répondre, sous réserve de la protection de l'identité du signalant. Elle dispose, selon le cas, d'un temps pour produire ses observations écrites, qui sont annexées au rapport.

Étape 11 : Qualification des faits

Qualifier les faits sur la base d'un faisceau d'indices graves, précis et concordants, une déclaration isolée non corroborée ne suffisant pas à établir un fait. Trois qualifications sont possibles et doivent le rester :

Qualification Portée
Faits établis Les éléments recueillis démontrent la véracité des faits et permettent d'en identifier clairement les auteurs
Faits non établis Les éléments recueillis écartent la véracité des faits allégués
Éléments insuffisants pour conclure Les diligences menées ne permettent de retenir ni d'écarter les faits ; les limites rencontrées sont exposées dans le rapport

Étape 12 : Évaluation du préjudice et des défaillances

Évaluer le préjudice financier et identifier les défaillances de contrôle. Pour chaque contrôle concerné, préciser s'il n'était pas prévu, s'il était prévu mais non exécuté, s'il a été exécuté sans efficacité, ou s'il a été contourné.

Étape 13 : Établissement du rapport d'investigation

Établir le rapport d'investigation selon la structure suivante : saisine et périmètre, diligences accomplies, faits établis avec renvoi aux pièces référencées, observations recueillies dans le cadre du contradictoire, préjudice financier, défaillances de contrôle, conclusions et recommandations. Le rapport est signé par l'Inspecteur Général et adressé, sous diffusion nominative, à la Direction Générale et au Comité d'Audit.

Étape 14 : Transmission aux instances compétentes

Transmettre le dossier aux instances compétentes (Comité de discipline, Ressources humaines, Service Juridique) pour les suites à donner, l'Inspection Générale établissant les faits sans prononcer de sanction :

  • le Juridique, pour un éventuel dépôt de plainte ;
  • les entités concernées, pour procéder aux régularisations qui s'imposent et à la mise en œuvre des actions correctives et/ou des recommandations ;
  • les Ressources Humaines, pour prendre les mesures disciplinaires qui s'imposent.

Étape 15 : Suivi et retour d'expérience

Assurer le suivi et le retour d'expérience. Les recommandations rejoignent la fiche de suivi des recommandations de l'Inspection Générale et sont suivies selon la même périodicité que celles des missions d'audit. Le dossier d'investigation est archivé sous accès restreint.

NB : la démarche présentée ne peut être considérée comme universelle et l'Inspecteur ne doit pas se limiter aux points de contrôle récapitulés dans cette note méthodologique.

Au contraire, il doit faire preuve d'imagination et fournir un effort de réflexion pour exploiter les différentes pistes d'audit susceptibles de le conduire à d'autres constats et/ou affaires parallèles.